L’éducation financière, c’est quoi ?

L’éducation financière, c’est quoi ?

Économie globalisée, acteurs bancaires de plus en plus nombreux, accès facilité aux produits boursiers et financiers, évolution technologique des transactions et paiements… Le secteur économique, au sens le plus large du terme, est de plus en plus présent dans nos vies. Il est également de plus en plus complexe et technique.

Face à ce constat, il est indispensable que les citoyens aient les connaissances nécessaires pour mieux comprendre les rouages de ce secteur qui impacte leur vie de tous les jours. Peut-être plus qu’ils ne le pensent. C’est le sens de l’éducation financière et c’est ce dont Sumeria vous parle aujourd’hui.

Mis à jour le 21 mai 2024

Il existe désormais deux applications mobiles. Sumeria, qui regroupe tous les services bancaires historiques de Lydia (compte courant, carte Visa, comptes « enveloppes » – désormais appelés comptes « budget » – , prêts express, investissement, remboursements, cagnottes…) et une autre application, simplement appelée Lydia, pour ceux qui souhaitent utiliser uniquement les remboursements entre amis et les cagnottes en ligne.

Qu’est-ce que l’éducation financière ?

Selon la définition du Conseil de l’OCDE (l’Organisation de coopération et de développement économique) de juin 2005, l’éducation financière est « le processus par lequel des consommateurs/investisseurs améliorent leur connaissance des produits, concepts et risques financiers et acquièrent au moyen d’une information, d’un enseignement ou d’un conseil objectif, les compétences et la confiance nécessaires pour : 

  • devenir plus sensibles aux risques et opportunités en matière financière ;
  • faire des choix raisonnés, en toute connaissance de cause ; 
  • savoir où trouver une assistance financière ;
  • prendre d’autres initiatives efficaces pour améliorer leur bien-être financier. »

Pour résumer, c’est l’apprentissage des connaissances des produits financiers et bancaires (et du monde de l’économie de manière générale) ainsi que des bonnes pratiques du secteur afin d’améliorer sa santé financière ou, tout du moins, pour éviter de se retrouver dans une situation financière délicate.

On pourrait se dire que ce genre de connaissances est surtout utile aux experts et professionnels de la finance ou aux personnes aisées. Après tout, pour le commun des mortels qui a simplement un compte courant et une carte bancaire, un salaire dans la moyenne, pas de patrimoine immobilier ni d’actions en bourse, est-ce bien nécessaire de savoir ce qu’est un ETF, un TAEG, ou des intérêts composés ?

Mais ce serait une erreur, car l’éducation financière englobe tous les aspects de l’argent et que nous sommes tous, au quotidien, amenés à prendre des décisions d’ordre financier. Pour choisir sa banque, gérer ses finances personnelles, financer un projet via un crédit ou encore préparer sa retraite. De la même manière, avec l’essor des applications de services financiers et des réseaux sociaux, nous sommes plus exposés à des produits d’investissements ainsi qu’à des « opportunités » de faire fructifier son argent rapidement et sans risque. Soi-disant. 

Enfin, à l’heure des chaînes d’information en continu où les débats politiques sont au cœur des conversations, il est important de comprendre les enjeux économiques de notre pays, comme à l’échelle internationale, afin que chacun puisse peser démocratiquement en toute connaissance de cause, notamment lors des élections.

Pourquoi l’éducation financière est-elle importante ?

Comme évoqué plus haut, l’éducation financière est importante, car elle répond à la fois à un enjeu social, économique et démocratique.

Des produits et services financiers plus nombreux et qui se démocratisent

La bourse a longtemps été le domaine réservé d’une minorité experte (et souvent fortunée). Mais avec l’essor des applications mobiles de services financiers, elle s’est démocratisée et nous sommes de plus en plus exposés à des produits boursiers dont on ne saisit pas forcément tous les rouages, avec la promesse que tout le monde peut devenir investisseur.

Autre conséquence de l’évolution des technologies : l’apparition des cryptomonnaies et autres NFT, des actifs virtuels qui ont connu (et connaissant encore concernant les cryptos) un fort engouement notamment auprès d’une population jeune, désireuse de gagner de l’argent rapidement, mais pas forcément très au courant des risques. 

Sur les réseaux sociaux, il n’est ainsi pas rare de voir des influenceurs vanter des investissements dans ces divers produits avec la promesse alléchante de rendements intéressants, et cela très facilement. Or, aucun investissement n’est sans danger. Et pour prendre des décisions qui sont souvent lourdes de conséquences, il est nécessaire d’avoir de bonnes connaissances dans le domaine. D’où l’importance de l’éducation financière.

Nous sommes de plus en plus responsables de notre situation financière

Le monde change. Il y a encore quelques années, la Sécurité Sociale suffisait à couvrir nos dépenses de santé. Désormais, de plus en plus de Français recourent à des mutuelles et autres complémentaires pour compléter les remboursements de soins. Côté retraites, ce n’est guère mieux avec un système par répartition qui, selon certaines prévisions, pourrait disparaître d’ici quelques décennies. Là encore, pour de nombreux Français, l’heure est déjà aux alternatives avec des placements sur des produits d’épargne comme le Plan Épargne Retraite ou l’assurance-vie. 

Enfin, la crise sanitaire, les troubles géopolitiques et une inflation galopante depuis plusieurs années font que de plus en plus de ménages ont du mal à joindre les deux bouts et sont obligés de trouver des solutions pour augmenter — ou a minima préserver — leur pouvoir d’achat. Sans une bonne connaissance des produits d’investissements et des méthodes de gestion des finances personnelles, difficile de s’en sortir dans ce contexte. Et c’est là que l’éducation financière peut faire la différence.   

L’endettement qui reste une réalité pour de trop nombreux foyers

Le nombre de dossiers déposés en commissions a beau avoir baissé de moitié en l’espa ce de 10 ans, le surendettement des ménages reste un problème en France. En 2023, la Banque de France enregistrait même une hausse des déclarations de surendettement de 8 % par rapport à l’année précédente avec 121 617 dépôts de dossiers. Et les causes du surendettement (ou, tout du moins, qui ont en partie mené à la situation d’endettement) interpellent. 

Toujours selon le rapport de la Banque de France paru en février 2024 : Les dettes à la consommation (crédits renouvelables, prêts personnels…) représentent 40,1 % de l’endettement global avec un montant moyen de 22 866 €. À titre de comparaison, les dettes dites de charges courantes (c’est-à-dire celles qui concernent le logement, les dettes fiscales ou l’énergie) ne représentent que 14 % de l’endettement global et leur montant moyen est de 7 609 €. 

Il apparaît ainsi que ces fameux crédits dont on nous vante les mérites, la facilité d’accès et le taux avantageux peuvent mener au surendettement sans une connaissance accrue des risques et des conditions. Là encore, l’éducation financière a son rôle à jouer : plus on a de connaissances en la matière et plus l’on est précautionneux avec ces crédits et leurs potentiels dangers.

Éducation financière : quelle situation en France ?

Dans un pays comme la France, où l’argent est un sujet souvent tabou et où nous n’avons pas une longue tradition d’investissement comme c’est le cas dans les pays anglo-saxons, on pourrait penser que nous faisons figure de mauvais élèves en comparaison des autres pays de l’OCDE. La dernière enquête sur la culture financière du grand public réalisée par la Banque de France en décembre 2023 montre pourtant que la France se classe 14e sur les 39 pays ayant participé à l’enquête et que le niveau de connaissances financières des Français se situe dans la moyenne de l’OCDE avec un score de 12,45/20, en légère hausse par rapport à 2021 (12,17/20).

Du côté des bonnes nouvelles, le questionnaire révèle que 76 % des Français de plus de 18 ans sauraient facilement quoi faire pour faire opposition en cas de perte ou vol de carte bancaire. De la même manière, 51 % des interrogés déclarent avoir mis de l’argent de côté sur un livret d’épargne au cours des douze derniers mois et 23 % affirment avoir placé de l’argent sur une assurance-vie. Autre motif de satisfaction : les Français semblent de moins en moins « vivre au jour le jour » sans se préoccuper de leurs finances puisque 76 % d’entre eux surveillent leur situation financière et 65 % déclarent faire des achats toujours réfléchis.

À l’inverse, d’autres chiffres appellent à modérer tout enthousiasme hâtif. Ainsi, 51 % des sondés déclarent avoir des dettes, 37 % ont été à découvert au cours des douze derniers mois et 39 % ont eu au cours des douze derniers mois des difficultés à joindre les deux bouts. Les soubresauts économiques liés à la crise sanitaire, au conflit en Ukraine ainsi qu’à l’inflation en hausse ces dernières années peuvent en partie expliquer des difficultés financières encore tenaces, mais le constat est sans appel : il reste des progrès à faire en matière d’éducation financière.

D’ailleurs, les Français sont assez lucides sur le sujet : déjà en 2021, lors du dernier questionnaire de la Banque de France, 69 % des interrogés jugeaient leurs connaissances « moyennes » ou « faibles » sur ces questions.

Quels sont les différents dispositifs mis en place pour améliorer l’éducation financière ?

Comme on l’a vu plus haut, la bourse s’est démocratisée via les applications mobiles de services financiers et avec elle, à travers les réseaux sociaux, les opportunités plus ou moins réalistes de gagner de l’argent. Heureusement, cette ouverture au grand public a aussi vu émerger des influenceurs spécialisés dans les questions de finance. Des « finfluencers » qui sont devenus l’un des principaux vecteurs d’éducation financière grâce à leurs enseignements, leurs conseils et leurs bonnes pratiques.

Et le choix est aussi vaste que le secteur de l’argent. Outre les influenceurs spécialisés dans la bourse, l’investissement immobilier ou les cryptos, d’autres spécialistes sont apparus plus récemment avec un domaine d’expertise des plus intéressants pour le grand public : la gestion des finances personnelles. Ou comment optimiser la façon d’utiliser son argent afin de mieux gérer son budget, faire des économies et atteindre ses objectifs d’épargne, grâce à des méthodes souvent très simples à mettre en place.

Mais les réseaux sociaux ne sont pas les seuls pourvoyeurs en matière d’éducation financière : des dispositions en ce sens sont également prises au niveau national avec, en tête, la semaine de l’éducation financière.

Qu’est-ce que la semaine de l’éducation financière ?

La semaine de l’éducation financière est un événement organisé chaque année, au mois de mars, à l’échelle internationale par l’OCDE et dont la Banque de France est le relais dans l’Hexagone via son département de l’éducation financière EDUCFI. 

Pendant une semaine (cette année ce sera du 18 au 24 mars 2024), divers événements (conférences, tables rondes, ateliers pédagogiques…) sont organisés sur tout le territoire national afin de sensibiliser le grand public — et en particulier les jeunes — sur les questions financières. Cette année, le thème sera « Protège ton argent, assure ton avenir » avec un focus sur les fraudes et arnaques bancaires. 

Un thème particulièrement à propos puisque selon une enquête menée par le CSA et la Banque de France en 2023 révèle que 16 % des habitants de l’Hexagone ont été victimes de fraude (comme le vol de coordonnées bancaires ou le piratage informatique), 9 % des Français ont découvert des opérations qu’ils n’avaient pas effectuées sur leur relevé de compte et 25 % des moins de 35 ans partagent « toujours ou souvent publiquement en ligne des informations sur leur situation financière ». 

Ces événements se dérouleront en présentiel à l’espace conférence de la Banque de France (31 rue, croix de petits champs, 75001 Paris) et à distance. Au total, ce sont plus de 500 événements qui seront organisés sur tout le territoire national, en métropole comme dans les territoires ultramarins. Pour s’inscrire ou en savoir plus sur les événements organisés dans les locaux de la Banque de France, c’est ici que cela se passe.

Les autres actions de la Banque de France en faveur de l’éducation financière

La semaine de l’éducation financière n’est pas la seule initiative de la Banque de France en faveur de l’éducation financière. Tout au long de l’année, l’institution informe et conseille les personnes en recherche d’aide et de réponses sur le sujet.

Pour le jeune public 

Tout au long de l’année scolaire, la Banque de France anime des ateliers pédagogiques auprès des lycéens et collégiens. Elle a également développé divers outils de sensibilisation : un jeu à télécharger et imprimer pour jouer en famille ainsi qu’un cahier d’éducation financière permettant d’aborder de façon ludique les différentes notions d’éducation financière. Ces deux supports sont accessibles dès l’âge de six ans et disponible gratuitement sur le portail « Mes questions d’argent ». Enfin, pour préparer les jeunes aux sujets budgétaires et financiers, deux heures de sensibilisation aux questions financières ont été organisées depuis septembre 2023 à toutes les classes de 4e (soit 750 000 élèves) par le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse. 

Pour les personnes en situation de fragilité financière

La Banque de France anime également sur l’ensemble du territoire des sessions d’information (presque de formation, pourrait-on dire) sur les enjeux de l’éducation financière auprès d’enseignants et d’intervenants sociaux. Parmi les sujets abordés, on retrouve par exemple la prévention et le traitement du surendettement, l’inclusion bancaire, les relations avec les banques et les assurances, le microcrédit… Les enseignants peuvent ensuite relayer ces bonnes pratiques auprès de leurs élèves et les intervenants sociaux auprès des personnes en situation de fragilité financière. 

Pour le grand public

La Banque de France publie une série de documents pédagogiques à l’attention des enseignants et élèves de niveau lycée ou post-bac : les « ABC de l’économie ». Vidéos, articles, infographies… C’est une véritable mine d’informations pour tous les curieux qui aimeraient parfaire leur culture financière. 

Mais surtout, depuis 2019, la Cité de l’économie (Citéco) accueille le grand public et les visites scolaires afin de découvrir le fonctionnement de l’économie de façon ludique, dans un bâtiment chargé d’histoire. Au programme : de nombreuses animations avec des expositions permanentes, des jeux collectifs et des visites guidées. 

Pour les entrepreneurs

Enfin, la Banque de France accompagne également les entrepreneurs au moment de la création de leur entreprise (mais également à toutes les étapes de son existence) via son portail « Mes questions d’entrepreneur ». Ces derniers peuvent y trouver de nombreuses ressources documentaires ainsi que des outils pratiques, mis à leur disposition gratuitement.

L’éducation financière et Sumeria 

Comme nous l’avons évoqué, l’éducation financière est un sujet de la plus haute importance. Et va l’être de plus en plus dans le futur. C’est pour cela qu’elle est l’affaire de tous. Chez Sumeria, elle est au cœur de nos services depuis quelques années maintenant (le fait de travailler en étroite collaboration avec la Banque de France tout au long de l’année n’y est probablement pas pour rien !). Avec nos articles de blog, bien sûr, à travers lesquels nous essayons de vous expliquer simplement les rudiments de la banque et de vous donner des conseils pour mieux gérer tout votre argent.

Mais surtout via les fonctionnalités de notre application Sumeria, que nous avons conçue afin de vous simplifier la gestion de vos finances personnelles. Avec les comptes budget, des comptes pour définir ses différents budgets à l’avance et maîtriser ses dépenses, ou encore les tirelires, pour atteindre tous vos objectifs d’épargne, par exemple. L’éducation financière est également au cœur de l’ADN de nombreuses fonctionnalités de notre app : une interface claire, un champ de recherche efficace, la possibilité de renommer toutes ses transactions et d’y ajouter la photo du reçu, des graphiques pour suivre son rythme de dépenses… Autant de clés pour reprendre le contrôle sur ses finances et mieux comprendre où va son argent. C’est tout le sens de l’éducation financière, finalement.

Convaincus que ce sera bientôt l’un des piliers d’une banque plus efficace — car plus à l’écoute de ses clients, de leur santé financière et de leurs besoins — nous allons encore plus placer l’éducation financière au centre de notre application mobile et de nos services.

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